Mort pour la France : Alphonse DELATTRE

 

La cote 304 - un paysage détruit

À l’ouest de Verdun, sur la rive gauche de la Meuse, la cote 304 devient, au printemps 1916, l’un des points les plus disputés du champ de bataille. Avec le Mort-Homme, elle constitue un verrou stratégique. De ces hauteurs, on observe, on règle les tirs d’artillerie, on contrôle les accès vers Verdun.

Très vite pourtant, ce qui s’y joue dépasse la simple logique d’un objectif militaire.

Les bombardements s’y succèdent avec une intensité continue. Les obus ne frappent plus seulement des lignes : ils travaillent la terre elle-même. Les cratères se superposent, les bois disparaissent, les chemins s’effacent. Le relief s’abaisse sous les explosions répétées. La colline cesse d’être reconnaissable. Elle devient une surface retournée, instable, où plus aucun repère ne tient.

Les témoignages évoquent un sol saturé d’éclats, de fils de fer arrachés, d’équipements pulvérisés. Les tranchées sont creusées puis détruites, recommencées puis nivelées de nouveau. La boue envahit les abris. L’odeur de la poudre se mêle à celle de la décomposition. L’ennemi n’est pas toujours visible : il est dans le fracas permanent de l’artillerie.

C’est dans ce secteur, au cœur des combats du printemps 1916, qu’Alphonse Delattre tombe le 4 juin. Sa mort s’inscrit dans cette phase où la bataille de Verdun n’est plus seulement une lutte de positions, mais une guerre d’usure totale. On ne conquiert plus un paysage : on le détruit pour empêcher l’adversaire d’y tenir.

Aujourd’hui encore, la cote 304 porte les traces de cette violence. Le sol conserve les cicatrices des cratères. La végétation a repris place, mais le relief demeure marqué. Ici, la guerre a laissé autre chose qu’un nom gravé sur un monument : elle a transformé durablement la terre elle-même.



Mort pour la France : Alphonse DELATTRE

Médaille militaire.


Mort pour la France : Alphonse DELATTRE


Dans les tranchées de Verdun, ils se sont tenus, Braves et vaillants, face à l’inconnu.

Le ciel pleurait, la terre tremblait, Mais leur détermination jamais ne faiblissait.

Chaque pas, chaque souffle, un acte de foi, Pour la liberté, ils combattaient, malgré la voie.

Les obus tombaient, les cris résonnaient, Mais dans leurs cœurs, l’espoir demeurait.

Verdun, champ de bataille, témoin de leur courage, Où tant d’âmes ont laissé leur image.

Ils sont tombés, mais pas en vain, Car leur sacrifice forge notre chemin.

Nous nous souvenons, avec respect et douleur, De ces héros, de leur labeur.

Que leur mémoire brille, éternelle et pure, Car grâce à eux, notre liberté perdure.

 

Verdun n’est pas seulement un champ de bataille, c’est le cri silencieux du courage face à l’adversité, et le souvenir éternel de ceux qui ont donné tout pour la patrie


Alphonse DELATTRE : Du Fond de la Mine aux Tranchées de Verdun

Né le 25 novembre 1889 à Harnes (62), Alphonse DELATTRE n’était pas seulement un soldat héroïque de la Première Guerre mondiale, mais aussi un mineur dévoué

  • Dans les profondeurs sombres et étouffantes des mines d’Harnes, il travaillait dur, affrontant chaque jour les difficultés inhérentes à cette profession exigeante

Service militaire 1910

Alphonse est convoqué pour son service militaire et arrive à son régiment le 4 octobre 1910

  • il sera libéré de ses obligations le 25 septembre 1912 avec le grade de Sergent
  • Le 1er RI en décembre 1911 est en garnison à Cambrai. Il est attaché à la brigade de la 1ere division du 1er corps d’armée
  • Colonel Taffin, Lieutenant colonels Codet et Delamarre, chefs de bataillon Buffet, Boudhors, Truffert, Chombard de Lauwe

Cependant, la guerre est venue interrompre brutalement cette vie laborieuse.

  • Répondant à l’appel du devoir, Alphonse a troqué sa pioche contre un fusil
  • Alphonse est mobilisé le 1 Août 1914 et se présente le 4 Août à son régiment.
  • Il passe ensuite au 412e régiment d’infanterie ou il a été affecté le 10 mars 1915
  • Devient rapidement Adjudant au 412e Régiment d’Infanterie.
  • Le destin tragique l’a emporté à Verdun sur Meuse le 4 juin 1916, où il est tombé, Mort pour la France, à l’âge de 26 ans

Fils d’Oscar Olivier Dit Alphonse et de Maria Dit La Matrone DELLYSSE, et époux aimant de Mélanie DUQUESNOY, Alphonse a laissé derrière lui non seulement un héritage de bravoure militaire, mais aussi l’empreinte d’un travailleur acharné et d’un père dévoué

  • Naissance de Delattre Achille, Né le 17/09/1910
  • Naissance de Delattre Marguerite, Née le 22/11/1908
  • Ses enfants, Marguerite et Achille Miguel, portent en eux l’héritage d’un homme dont la vie, bien que tragiquement écourtée, était remplie de courage.


La Première Guerre mondiale, également connue sous le nom de Grande Guerre, a laissé une empreinte indélébile dans l’histoire de la France

  • Parmi les nombreux héros qui ont sacrifié leur vie pour la patrie, Alphonse DELATTRE se distingue


Soldat du 412e RI

Alphonse DELATTRE, un soldat du 412e régiment d’infanterie, est l’un des nombreux « Poilus » qui ont combattu vaillamment pour la France

  • Son courage et sa détermination étaient inébranlables, même face aux horreurs de la guerre


Secteur Verdun  "Le mort homme "

Le secteur de Verdun, en particulier « Le mort homme », a été le théâtre de combats intenses.

  • C’est ici qu’Alphonse a rencontré son destin, tué à l’ennemi le 04 juin 1916.

Côte 304 « mort homme », 1916 Verdun



Journal de marche du 412e RI

Journal de marche du 412e RI témoigne du dévouement et du courage de ces soldats de France.

  • Jour après jour, le journal du régiment raconte les batailles et les sacrifices de tous ces hommes.7

Journal de marche du 412e RI

Blessures, actions d’éclats, décorations : Décoré de la médaille militaire, décret du 11/09/1920 et JO du 31 mars 1920.

  • Ordre du régiment n° 54 le 17/02/1916 :

« A très courageusement secondé son chef de bataillon en assurant la liaison sous des bombardements violents et pendant une contre attaque en terrain découvert. Blessé au début de la campagne ( voir enquête blessure) »

Journal officiel du 30 mars 1920

L’Adjudant Alphonse Delattre, un Poilu de 1914-18, est retracé dans le journal officiel

  • Il a été tué à VERDUN en 1916, un lieu qui reste synonyme de la brutalité de la guerre

Alphonse Delattre, matricule 04582, adjudant: excellent sous officier, d’une bravoure au dessus de tout éloge. Mortellement blessé, à la tête de sa section, en repoussant une attaque ennemie, le 4 juin 1916, devant Verdun. A été cité.



Remise de la fourragère au régiment

En reconnaissance de leur bravoure, de nombreux régiments de « Poilus » ont reçu la fourragère, un insigne militaire




Verdun et la tragédie personnelle

L’adjudant Alphonse DELATTRE est mort à l’âge de 26 ans, laissant derrière lui Mélanie, son épouse, et leurs deux enfants, Marguerite et Achille, âgés de 8 et 6 ans.

  • Suite à sa mort, Mélanie a reçu une prime de l’état de 150 francs, et leurs enfants sont devenus pupilles de la nation.

Le monument aux morts d’Harnes

À Harnes, un monument aux morts rend hommage à ses enfants tombés au combat

  • Parmi eux, le nom d’Alphonse DELATTRE est gravé, rappelant son sacrifice ultime

En contemplant l‘histoire de mon grand-oncle, tombé si jeune à Verdun en 1916, une profonde gratitude m’envahit.

  • Sa bravoure, son sacrifice pour la France, et sa détermination à défendre nos libertés sont des témoignages éternels de son dévouement.
  • Chaque jour, je porte en moi le respect pour cet homme qui, bien avant ma naissance, a tracé un chemin d’honneur et de courage.
  • Que sa mémoire serve d’inspiration à tous et rappelle l’importance de chérir et de défendre les libertés pour lesquelles il a donné sa vie, avec tant d’autres.
Dans le sillage du sacrifice, la mémoire éternelle demeure, rappelant à chaque génération le prix de la liberté.