Tenir, la vie
Tenir, la vie
Je ne pars pas,
non par promesse,
mais parce que rester est devenu un accord,
un pas qui se pose sans bruit.
Sans elle, les jours glisseraient
sans relief,
des heures bien remplies
qui ne laisseraient aucune trace.
Avec elle, chaque instant
reprend sa juste place,
le geste trouve sa mesure,
le temps s’ouvre au lieu de presser.
Je reste, non par illusion,
mais par attention,
à ce qui se construit encore,
même dans la lenteur.
La vie ne s’impose pas.
Elle avance à hauteur d’homme,
discrète, patiente,
présente sans se montrer.
Alors il y a ce lien,
simple et continu,
entre ce que je fais
et ce que je deviens.
Avancer ainsi,
sans éclat inutile,
parce qu’il n’y a rien d’autre à faire
qu’être là,
et tenir.
