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Ce que le temps m’a appris sans prévenir

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  Ce que le temps m’a appris sans prévenir J’ai longtemps cru qu’il fallait avancer plus vite. Accumuler. Sécuriser. Donner des preuves. Comme si la vie tenait dans une suite d’étapes à valider. Puis le temps a fait son travail. Sans bruit. Il n’a pas expliqué. Il a montré. J’ai compris que le bonheur ne se trouvait pas, il se décide. Que le temps ne se gère pas, il se respecte. Et que vouloir tout protéger finit souvent par tout rétrécir. Ces vérités ne viennent pas des discours. Elles viennent des renoncements. Des attentes déçues. Des jours où l’on avance seul, sans certitude, sans témoin. On ne les apprend pas jeune. On les traverse. Ce texte n’est pas une leçon. Encore moins une promesse. C’est un rappel discret. Avec le recul, ce qui m’a le plus construit ne venait pas d’un savoir nouveau, mais de ces moments où j’ai douté, où j’ai hésité, et où j’ai continué malgré tout. Pas par courage. Par fidélité à quelque chose d’intérieur.

À hauteur de deux

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À hauteur de deux Je sais ce que mon cœur murmure quand le silence s’attarde. Il reconnaît le tien sans détour, comme on reconnaît une lumière dans la pénombre. Seuls, nos cœurs se fatiguent, ils battent juste, mais sans écho. Il leur manque ce pas de côté, cet accord discret qui les fait tenir plus longtemps. Quand ils se frôlent, ils n’ont plus besoin d’apprendre. Les mots viennent d’eux-mêmes, simples, presque inutiles. Ils parlent d’un lieu sans bruit où l’on ne prouve rien, où l’on reste. Laisse-le aller, ton cœur. Il sait déjà. Je n’ai rien à lui promettre sinon la justesse, la constance, et cette façon d’aimer qui n’élève pas la voix. À deux, le monde s’éclaire sans devenir plus grand. Il tient dans un regard, dans un geste répété, dans une fidélité tranquille. Aime-moi simplement. Le reste suivra.

Tenir le fil

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  Tenir le fil Je suis parti tôt, sans bruit, sans détour. Pas pour fuir, mais parce qu’il fallait avancer. J’avais cette envie tenace, celle d’aller plus loin. Je ne cherchais pas l’éclat, encore moins l’admiration. Je voulais être juste, à ma place, dans l’alignement discret de ceux qui m’avaient précédé. J’ai cru longtemps que le travail suffisait, que l’effort parlait pour soi, que la constance ouvrait les portes. Alors j’ai fait, jour après jour, sans lever la voix. Je me voyais déjà arrivé, non pas au sommet, mais à l’équilibre. Cet endroit rare où l’on peut se dire que l’on n’a pas trahi le fil. La route a démenti parfois ce dessin intérieur. Il y eut les détours, les attentes longues, les réussites sans témoin, les silences en retour. J’ai vu d’autres passer plus vite, plus légers, moins chargés d’histoire. Je n’ai pas changé d’allure. Je savais ce que je portais. J’ai gardé le même pas, le même costume intérieur, usé par le temps mais jamais abandonné. Un habit de durée, t...

Le temps partagé

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Le temps partagé Nous avons traversé les années sans bruit, l’un près de l’autre. Les jours se sont tissés de gestes simples, de décisions partagées, de silences pleins de sens. Rien d’éclatant. Tout a compté. Notre lien s’est construit dans la durée, dans cette présence paisible, fidèle, qui n’a jamais eu besoin de mots pour exister. Je n’ai pas voulu défier le temps. Je l’ai traversé… avec toi, Bernadette. Alain

Je l’ai compris autrement

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  Je l’ai compris autrement Je l’ai compris un jour. J’étais en train de vieillir davantage. Pas à cause des rides, ni du reflet dans la glace. Pas davantage parce qu’un plus jeune m’a cédé sa place, ou parce que certaines modes me laissent désormais indifférent. Ce n’était pas cela. C’était plus discret. Plus intérieur. Je l’ai senti quand j’ai cessé de vouloir convaincre à tout prix. Quand j’ai arrêté de retenir ceux qui s’éloignaient. Quand le besoin d’avoir raison s’est effacé, sans lutte. Quand j’ai appris à laisser partir, sans bruit, sans scène. Le vieillissement n’est pas arrivé comme une perte. Il s’est installé sans fracas. Sans tristesse. Presque avec délicatesse. Et avec lui, une forme de paix que je ne connaissais pas. Je n’attends plus d’excuses de ceux qui ne savent pas les formuler. Le silence des autres ne m’atteint plus. J’ai compris que chacun se débat avec son propre tumulte. Et que celui qui veut parler, parle. Simplement. Je ne cherche plus l’approbation. Je n...

Il est tôt.

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  Il est tôt. La lumière ne s'impose pas encore, elle effleure. Le bois du bureau garde un peu de la nuit, et le clavier attend. Il ne presse rien. C'est un moment sans bruit. Pas même celui de la pensée. Juste une présence, posée là, dans cette pièce familière où le monde entre à pas feutrés. Il n'y a rien à résoudre, rien à prouver. Seulement cette façon d'être, à la lisière du rêve et de la mémoire, dans un temps qui ne pousse plus. Les mains reposent, ouvertes. Parfois, une image revient. Un rire d'enfant dans le jardin, une voix qu'on croyait perdue, un mot simple - merci, peut-être - qui remonte, comme une offrande. Il ne s'agit pas de raconter. Ce serait trop. L'écriture, ici, ne décrit pas, elle respire. Elle donne forme à l'air qu'on a aimé, aux gestes discrets qu'on a reçus, aux silences qu'on a appris à écouter. Les liens sont là, mais ils ne tirent pas. Ils relient sans enfermer. La famille est une constellation douce, faite d...

Tenir sa place

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  Tenir sa place Il y a des heures silencieuses, celles où le monde se retire un peu. Dans un bureau, face à mon clavier, le temps ralentit. Les mots n’arrivent pas pour expliquer, mais pour écouter ce qui insiste doucement. La vie se regarde alors sans hâte. Elle n’est pas à conquérir, ni à corriger. Elle se tient là, dans ce qu’elle a donné, dans ce qu’elle a retiré aussi, sans demander de comptes. Les rêves ne cherchent plus à devenir des promesses. Ils restent ouverts, comme des fenêtres. Les souvenirs, eux, ne pèsent pas. Ils éclairent, à condition de ne pas les forcer. L’amour ne s’affiche pas. Il circule. Il se glisse dans les gestes simples, dans les fidélités discrètes, dans la place laissée à chacun. Il relie la famille, les absents, les vivants, sans bruit ni revendication. Écrire devient une manière de tenir sa place dans le monde. Non pour laisser une trace lourde, mais pour transmettre une manière d’être. Une posture faite d’attention, de patience, et d’un respect pro...