Il est tôt.
Il est tôt. La lumière ne s'impose pas encore, elle effleure. Le bois du bureau garde un peu de la nuit, et le clavier attend. Il ne presse rien. C'est un moment sans bruit. Pas même celui de la pensée. Juste une présence, posée là, dans cette pièce familière où le monde entre à pas feutrés. Il n'y a rien à résoudre, rien à prouver. Seulement cette façon d'être, à la lisière du rêve et de la mémoire, dans un temps qui ne pousse plus. Les mains reposent, ouvertes. Parfois, une image revient. Un rire d'enfant dans le jardin, une voix qu'on croyait perdue, un mot simple - merci, peut-être - qui remonte, comme une offrande. Il ne s'agit pas de raconter. Ce serait trop. L'écriture, ici, ne décrit pas, elle respire. Elle donne forme à l'air qu'on a aimé, aux gestes discrets qu'on a reçus, aux silences qu'on a appris à écouter. Les liens sont là, mais ils ne tirent pas. Ils relient sans enfermer. La famille est une constellation douce, faite d...