Eylau, la charge dans la tempête

 


Eylau, la charge dans la tempête


Le 8 février 1807, en pleine tempête, 160 000 soldats se font face dans la boue et la neige, jusqu’à la tombée du jour. Le froid mord, la visibilité se réduit, le sol cède sous les pas. La bataille d’Eylau s’installe dans la durée et dans la souffrance. Elle deviendra légendaire : une victoire française arrachée au prix d’un carnage, faite de faits d’armes extrêmes et de milliers de destins brisés.


Dès 7 heures, les combats font rage. À 14 h 30, une éclaircie brutale déchire le ciel et révèle l’étendue du désastre. Une brèche de 1 500 mètres s’est ouverte au cœur de la ligne française. L’instant est critique. Napoléon engage aussitôt une partie de la cavalerie pour contenir la percée russe, puis se tourne vers Murat :

« Te laisseras tu dévorer par ces gens-là ? »

La réponse est immédiate.


Murat rassemble tout ce qui peut encore charger : les brigades légères de Colbert et de Bruyère, les dragons de Grouchy, Klein et Milhaud, les lourds cuirassiers d’Hautpoul. Quatre-vingts escadrons, près de 12 000 hommes. L’une des plus vastes charges de cavalerie de l’histoire s’ébranle.


Alors, le choc. Un véritable rouleau compresseur s’abat sur les lignes ennemies, les traverse, puis se retourne et frappe encore, sabrant sans relâche avant de regagner les rangs français. Sous la neige épaisse, les boulets russes labourent le champ de bataille :

« Ils se fraient sans difficulté un chemin au milieu des flocons et enlèvent hommes et bêtes », témoigne le soldat Billon.


À Eylau, rien n’est propre ni net. La victoire se paie au prix du sang, dans le fracas, la glace et la fatigue. Une journée tenue, plus qu’emportée. Une bataille où l’histoire avance à coups de sabre, au pas lourd des chevaux, dans un paysage figé par l’hiver et la mort.


Biographie et Généalogie