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Affichage des articles du janvier, 2026

Quand j’étais ce garçon-là

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  Quand j’étais ce garçon-là Quand j’étais ce garçon-là, la musique montait sans frein, emplissait l’espace, traversait le corps avant d’atteindre les mots. Tu étais là, tout près. Un seul regard suffisait. Le reste s’effaçait. Je n’avais rien à prouver, rien à défendre. Je tenais simplement debout. Autour, les autres tâtonnaient. Certains jouaient les durs, d’autres attendaient leur heure. Moi, je découvrais qu’il est des instants justes. Je n’étais pas encore solide, pas encore sûr de moi. Mais dans la lumière mouvante, je me sentais entier - un jeune homme, sans masque. Quand tout s’éteignait, le noir devenait refuge. Il restait le rythme, la chaleur, cette clarté étrange : flotter. Je ne savais pas encore que ces soirs-là passeraient, qu’ils deviendraient mesure du temps. Je savais seulement qu’un instant suffisait à faire tenir le monde. Et parfois, aujourd’hui encore, quand le silence s’installe, je sens ce battement ancien me traverser - comme un écho vivant de ce garçon-là....

Taous Ait Mesghat

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Puisque dévoiler mes jambes cause des tremblements de terre et mes cheveux, cyclones et vents froids. Puisqu'un bout de ma gorge fait monter la mer et des terrains glissent au son de ma voix. Puisque mon sein qui allaite provoque famine et misère et que mes bras nus réchauffent le climat. Puisque mon sourire déstabilise l'univers et réveille tous les instincts bas. Puisque je suis derrière toutes les catastrophes naturelles, alors crains moi. Car force divine je suis et le misérable mortel, c'est toi. Taous Ait Mesghat, Poétesse berbère

Tenir, la vie

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  Tenir, la vie Je ne pars pas, non par promesse, mais parce que rester est devenu un accord, un pas qui se pose sans bruit. Sans elle, les jours glisseraient sans relief, des heures bien remplies qui ne laisseraient aucune trace. Avec elle, chaque instant reprend sa juste place, le geste trouve sa mesure, le temps s’ouvre au lieu de presser. Je reste, non par illusion, mais par attention, à ce qui se construit encore, même dans la lenteur. La vie ne s’impose pas. Elle avance à hauteur d’homme, discrète, patiente, présente sans se montrer. Alors il y a ce lien, simple et continu, entre ce que je fais et ce que je deviens. Avancer ainsi, sans éclat inutile, parce qu’il n’y a rien d’autre à faire qu’être là, et tenir.