Quand j’étais ce garçon-là
Quand j’étais ce garçon-là Quand j’étais ce garçon-là, la musique montait sans frein, emplissait l’espace, traversait le corps avant d’atteindre les mots. Tu étais là, tout près. Un seul regard suffisait. Le reste s’effaçait. Je n’avais rien à prouver, rien à défendre. Je tenais simplement debout. Autour, les autres tâtonnaient. Certains jouaient les durs, d’autres attendaient leur heure. Moi, je découvrais qu’il est des instants justes. Je n’étais pas encore solide, pas encore sûr de moi. Mais dans la lumière mouvante, je me sentais entier - un jeune homme, sans masque. Quand tout s’éteignait, le noir devenait refuge. Il restait le rythme, la chaleur, cette clarté étrange : flotter. Je ne savais pas encore que ces soirs-là passeraient, qu’ils deviendraient mesure du temps. Je savais seulement qu’un instant suffisait à faire tenir le monde. Et parfois, aujourd’hui encore, quand le silence s’installe, je sens ce battement ancien me traverser - comme un écho vivant de ce garçon-là....