Dans la lumière du jour


Dans la lumière du jour

Il m’arrive de regarder ma vie comme un passage de lumière. Pas quelque chose qui s’impose, ni qui cherche à briller, mais une présence simple, qui accompagne les jours sans les alourdir.

Je revois certaines scènes. Une pièce encore fraîche du matin. La baie entrouverte. La lumière entre en biais et vient se poser sur ma petite table. Rien ne bouge vraiment, et pourtant tout est là. L’instant tient de lui-même, sans qu’on ait besoin de le retenir.

Je suis là, dans ce moment. Le corps répond. Le souffle est calme. Il n’y a rien à forcer. Les gestes viennent naturellement. Se lever, marcher, se poser un instant. Tout s’enchaîne sans effort, comme si la journée savait déjà où elle allait.

Je ne cherche pas à savoir si j’avance ou si je cherche encore. Cela n’a plus vraiment d’importance. Il y a des jours plus pleins, d’autres plus silencieux. Mais dans les deux cas, quelque chose circule. Une continuité simple, sans tension.

Les mots viennent parfois. Pas pour expliquer, ni pour donner du sens à tout. Ils déposent ce qui est là, comme on poserait un objet sur une table. Le temps passe, sans se laisser saisir. On ne le retient pas. On le traverse.

Autour, rien n’est jamais complètement décidé. Il y a ce qui arrive, ce que l’on fait, et ce qui échappe. Je n’essaie plus de tout comprendre. Je prends ce qui se présente, tel que c’est.

Il m’est arrivé de m’arrêter, de m'interroger un instant. Cela fait partie du chemin. Mais cela ne dure pas. Le mouvement reprend de lui-même. Sans effort particulier. Juste parce que la vie continue.

Je ne me définis plus par ce qui est derrière moi. Cela existe, bien sûr, mais ce n’est pas là que je vis. Ce qui compte, c’est ce qui se fait aujourd’hui, dans ces gestes simples, dans cette présence paisible.

Aujourd’hui, je suis là. Je regarde la lumière entrer. Je fais ce que j’ai à faire. Rien de plus, rien de moins.

Et cela suffit.