Tenir sa place

 

Tenir sa place

Il y a des heures silencieuses, celles où le monde se retire un peu.
Dans un bureau, face à mon clavier, le temps ralentit.
Les mots n’arrivent pas pour expliquer, mais pour écouter ce qui insiste doucement.

La vie se regarde alors sans hâte.
Elle n’est pas à conquérir, ni à corriger.
Elle se tient là, dans ce qu’elle a donné, dans ce qu’elle a retiré aussi, sans demander de comptes.

Les rêves ne cherchent plus à devenir des promesses.
Ils restent ouverts, comme des fenêtres.
Les souvenirs, eux, ne pèsent pas. Ils éclairent, à condition de ne pas les forcer.

L’amour ne s’affiche pas. Il circule.
Il se glisse dans les gestes simples, dans les fidélités discrètes, dans la place laissée à chacun.
Il relie la famille, les absents, les vivants, sans bruit ni revendication.

Écrire devient une manière de tenir sa place dans le monde.
Non pour laisser une trace lourde, mais pour transmettre une manière d’être.
Une posture faite d’attention, de patience, et d’un respect profond pour ce qui continue sans nous.

Alors quelque chose se dépose.
Un apaisement.
Le sentiment qu’il suffit peut-être d’être là, pleinement, pour que la vie ait déjà assez de sens.


Biographie et Généalogie