Avec le temps, je le sais
Avec le temps, je le sais
Avec le temps, je le sais,
le regard se rapproche,
l’oreille se fatigue du bruit,
le sommeil devient plus léger,
et le pas choisit sa cadence.
Avec le temps, je le sais,
le corps ralentit sans se plaindre.
Il demande moins d’exploits,
mais plus de justesse,
plus de respect.
Avec le temps, je le sais,
je me juge moins sévèrement.
Je regarde ce que j’ai fait,
ce que j’ai tenu,
sans chercher à corriger le passé.
Avec le temps, je le sais,
le cercle se resserre.
Quelques visages suffisent.
Les silences comptent autant que les mots,
et les absents font moins de bruit.
Avec le temps, je le sais,
je n’ai plus besoin de convaincre.
Je laisse passer les débats inutiles,
les attentes des autres,
et les illusions tenaces.
Avec le temps, je le sais enfin,
il n’y a qu’une seule vie à habiter.
Je la traverse sans peur inutile,
sans dette imaginaire,
en tenant simplement ma place.
Avec le temps, je le sais,
le miroir perd son autorité.
Ce qui compte ne s’y reflète pas.
Il se tient plus bas, plus profond,
dans une paix discrète,
qui ne cherche plus à se montrer.
